Résumé Beauraing 2011:

Temps de louange

Toutes générations confondues, le journée commence par un long temps de louange et la lecture de la Parole de Dieu : l’Evangile du semeur  Luc 8(4-5)

En guise d’introduction, Danny-Pierre nous annonce un cadeau de la part du Seigneur : une journée de jeûne vendredi pour les adultes. Dieu nous donnera la grâce de le vivre. Le jeûne comme la prière est un chemin pour aller vers la sainteté.

Il encourage aussi chacun à profiter de la session pour se confesser. Enfin il parle des équipes écoute-prière qui sont là pour écouter et prier avec ceux qui ont des problèmes ou souhaitent obtenir une grâce.

 

Enseignement du Père Wilhélem

Marqués par le baptême

Vous avez certainement été marqués comme moi par le témoignage de Diogo hier soir. Il est bouleversant de voir comment  le Seigneur nous poursuit. Mais quand nous avons la chance de connaître le Seigneur, la question se pose de savoir comment continuer sur ce chemin d’amitié avec le Seigneur. Le Seigneur nous a donné un équipement adapté à notre marche vers Lui. Cet équipement, c’est le baptême.  « Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? Ou par quelle parabole allons-nous le figurer ? C’est comme un grain de sénevé qui, lorsqu’on le sème sur la terre est la plus petite des graines qui sont sur la terre ; mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s’abriter sous son ombre.» (Marc,  4,30-32).

Dans la petitesse du grain réside une force extraordinaire. Un grain minuscule devient la plus grande des plantes. On peut écraser un gland en marchant sur lui, mais quand il est devenu grand, comment marcher sur un chêne ? La puissance de vie d’une semence est incroyable. « Il en est du Royaume de Dieu, comme un homme qui aurait jeté du grain en terre : qu’il dorme et qu’il se lève, nuit et jour, la demande germe et pousse, il ne sait comment » (Marc, 4, 26-27). Une graine a été déposée en nous lors de notre baptême. Nous y avons reçu la vie de Dieu qui possède une formidable force d’expansion. L’apôtre Pierre nous dit « Les précieuses, les plus grandes promesses nous ont été données, afin que vous deveniez ainsi participants de la nature divine. » (2 Pierre,1,4).

Participer à la vie divine : c’est un don inouï. Nous devons prendre conscience de cette vie divine qui est en nous et qui aspire à la croissance. Dieu ne nous la retirera jamais. Il nous l’a donnée une fois pour toutes. Nous devons mener notre baptême jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la sainteté qui en constitue le plein épanouissement.  Dans la lettre de feu qu’il a écrite à la fin du jubilé de l’an 2000 qui a pour titre « Au début du nouveau millénaire » le Pape Jean-Paul II nous le rappelle : demander à quelqu’un « veux-tu recevoir le baptême », c’est lui demander « voulez-vous être saint ». Voulez-vous devenir saint, demande le Père à l’assemblée ? Que Dieu réalise le « oui » que vous avez prononcé. Le psaume 119 que nous avons commenté hier nous rappelle la joie que représente le fait de vivre les exigences de Dieu. Cette joie n’exclut pas la souffrance. La mer peut être très agitée en surface par la tempête mais cela n’empêche pas la paix et le calme des profondeurs. Sachons descendre dans cette zone des profondeurs de notre cœur où le Seigneur nous donne la paix nécessaire pour porter la croix du moment.

Mais Dieu reste Dieu. Il est le Tout Autre. Je suis une créature marquée par le péché, mais Dieu nous donne malgré cela les moyens de le rencontrer, grâce aux équipements reçus lors de notre baptême : la Foi, l’Espérance et la Charité.

La Foi, c’est la porte d’entrée. Par un simple acte de foi, je peux entrer en contact avec Dieu lui-même et pas seulement avec l’idée de Dieu .

L’Espérance, c’est le moteur, le dynamisme qui me pousse vers Dieu. Ce sont les ailes de l’oiseau. L’Espérance présente un double mouvement :celui qui me pousse vers Dieu et celui par lequel Dieu m’aspire. J’attends Dieu comme l’oisillon qui attend  la becquetée de sa mère. La vie spirituelle n’est pas une performance sportive, elle s’appuie sur la force de Dieu.

La Charité, c’est l’amour, l’agapè,  un mot grec peu utilisé à l’époque mais que les premiers chrétiens ont chargé de sens pour signifier la nouveauté de l’amour de Dieu. La Charité est un travail d’union avec  Dieu. La charité, c’est cette plénitude de sainteté dans mon cœur.

Foi, Espérance et charité sont des vertus que je dois mettre en œuvre, mais je suis faible et maladroit.  Il faut que le Saint-Esprit m’y aide par ses dons. Le Saint-Esprit nous aide à avoir une foi plus affinée, une espérance plus forte et à nous unir au Seigneur avec une charité qui grandit sans cesse. Nous avons tous cette expérience du don de l’Esprit lorsque nous devons entreprendre une démarche difficile ou lorsque nous avons besoin de lumière pour une décision importante.

Dans cette avancée vers Dieu, nous y allons d’une double manière : active par la Foi, l’Espérance et la Charité et réceptive par notre docilité aux motions de l’Esprit-Saint. Une des grâces du Renouveau, c’est de nous rendre attentifs à cette réceptivité. Nous devons étudier autant les dons du Saint-Esprit que le charismes.

Je ne vais pas citer ici les nombreux passages des lettres de Saint Paul qui traitent des charismes (notamment  I Cor, 12,4 et svt) mais il faut rappeler que ce sont des dons pour la croissance du Corps, pour les autres. Les charismes ne constituent pas un but en eux-mêmes. Dans un groupe de prière, la Parole est centrale. Il ne faut pas chercher d’abord dans la Parole ce qui correspond à mon expérience, mais c’est à partir de la Parole que nous pouvons louer. Nous devons réfléchir  à la place de la Parole dans notre groupe. La louange n’est pas un » juke box » où les chants s’enchaînent les uns sur les autres. Il ne faut pas avoir peur des  moments de silence. Le rythme de la louange suit la docilité à l’Esprit. C’est de là que naît notre intercession qui doit rester plus ou moins en rapport avec la Parole donnée. N’oublions pas non plus la dimension fraternelle du groupe de prière.

Les charismes ne doivent  pas être recherchés pour eux-mêmes. Il apparaissent dans un don de soi au service de l’Eglise. Il arrive que les charismes disparaissent. Il n’y a pas de réponse toute faite, mais il faut certainement s’interroger sur la dimension du témoignage. Le groupe est-il assez évangélisateur ? N’est-il pas devenu un « groupe de piété ».

Dans l’histoire de l’Eglise, on s’est souvent interrogé sur les rapport entre la prière et l’action. La clé se trouve dans la docilité à l’Esprit-Saint. C’est le même Esprit-Saint que nous trouvons dans la prière et qui se manifeste dans l’action apostolique. Nous devons être des «théophores », des porteurs de Dieu. Il s’agit d’abord  d’un témoignage par notre être. Lorsque quelqu’un porte Dieu, cela se sent. Comme un radiateur qui chauffe : on ne le voit pas, mais on le sent.

Pour cela la prière est essentielle. Une des grâces du Renouveau, c’est d’avoir découvert l’importance de la prière, de la prière de louange, mais aussi de l’oraison silencieuse, de ce cœur à cœur avec Dieu.

Avant de terminer, je voudrais rappeler que dans notre marche vers Dieu, il y a des passages divers. Après l’enthousiasme du début, on éprouve souvent une période de sécheresse, une nuit comme disent les mystiques. Il ne s’agit pas d’un signe de régression mais bien d’une progression. L’accompagnateur spirituel peut être d’une grande aide dans ce cas. Dieu se situe bien au-delà de notre sensibilité. Cela implique qu’une période de purification peut être nécessaire pour nous conduire au-delà de nous-mêmes. Courage si le Seigneur nous fait avancer et que, en raison même de cette avancée, nous nous trouvons dans l’aridité.

Pour finir, deux citations du Père carme Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, auteur du livre « Je veux voir Dieu » qui unissent le paradoxe de la richesse et de la pauvreté.

« Tous ceux qui ont travaillé dans l’Eglise ont senti leur pauvreté. Il faut sentir sa pauvreté pour appeler Dieu. Quand on sent sa force, on travaille avec sa force. Quand on sent sa pauvreté, on est obligé d’appeler continuellement Dieu. Cette pauvreté, cette privation oblige à aller à Dieu. C’est la formation que Dieu  impose aux âmes avec qui il veut travailler.  Il leur fait sentir leur rien,  leur pauvreté pour qu’ils l’appellent. Il crée en elles la docilité par la pauvreté. Il en fait des mendiants pour les rendre dociles. Dieu crée la docilité par la pauvreté spirituelle ».

C’est vrai que la docilité à l’Esprit-Saint est souvent vécue dans une impression de pauvreté qui laisse la place à Dieu mais qui comble notre cœur. Un saint c’est quelqu’un qui prend en même temps conscience de sa pauvreté et de la richesse incroyable de Dieu qui est en lui.

Après-midi : temps des ateliers pour les adultes et  marche des jeunes vers Tibériade.

Ateliers

  • (Re) l’Amour de Dieu pour moi et l’annoncer     Ecole d’évangélisation St André (Parcours sur 3 jours)
  • Vie charismatique   ( Parcours sur 3 jours)         Père F-R. Wilhélem
  • Présentation des cours Alpha                             Georges Bouchez
  • Péché et blessure                                                 Père Pierre Depelchin s.j
  • Témoignage d’un voyante de Beauraing              Gilberte

Les ateliers comme les enseignements  ont été enregistrés  sur CD.

Eucharistie des adultes : homélie du Père Wilhélem

La parabole du jour est celle du semeur : la parole de Dieu est la semence qui ne porte durablement du fruit que si elle tombe dans de la bonne terre. Mais quelle sorte de terre sommes-nous, se demande le Père Wilhélem ? Des cailloux : nous entendons la parole mais le diable survient pour nous l’enlever. Où sommes nous pris dans les ronces avec les soucis, les richesses ou les plaisirs qui nous étouffent ? En réalité, nous sommes toutes les terres à la fois. Lorsque la parole tombe dans un cœur généreux qui persévère, nous portons beaucoup de fruit. Il faut que la bonne terre gagne dans notre cœur, que les pierres et les ronces soient évacuées. Mais, comme dans l’Ancien Testament avec Israël, Dieu est confronté à la dureté de notre cœur. Il nous offre cependant la réconciliation. Il ne faut pas se décourager si nous sommes amenés à revenir toujours à la même pierre qui nous tracasse. Il faut se rappeler que ce n’est pas nous qui pouvons déraciner les ronces mais bien la grâce de Dieu. Nous devons avoir la persévérance et l’humilité de revenir avec les mêmes choses. La victoire est possible quand nous confions notre pauvreté au Seigneur. Le sacrement est le lieu des victoires du Seigneur. Il en va de même pour l’Eucharistie. Quand on prend conscience de ce qu’est vraiment l’Eucharistie, on se dit qu’une seule suffirait pour nous conduire à la sainteté. Mais le Seigneur respecte notre lenteur. Certains se -demandent : pourquoi communier ? Mais on peut renverser la question : où en serions-nous si nous n’avions pas communié ? Le Seigneur est un Dieu patient « lent à la colère et plein d’amour ». C’est donc avec une grande confiance que nous oserons nous approcher de la réconciliation et de l’Eucharistie. Rendons grâce au Seigneur pour sa patience ; soyons aussi patients avec nous-mêmes et avaçons.

Echo de la Marche des jeunes vers Tibériade

Plus de 200 jeunes ont marché de Beauraing à Lavaux-St-Anne où ils ont rejoint la Fraternité Tibériade…à pieds secs pour une bonne partie d’entre eux mais les deniers ont été arrosés…

Cheminant en fraternité, ils ont partagé sur leur vie de prière, leur pratique et leurs difficultés. Ils ont aussi découvert et même vécu les diverses formes de prière : prière en silence et prière de la parole sur l’Evangile du semeur, louange et chapelet, adoration et intercession.

Ils ont ensuite participé à l’Eucharistie avec les frères et sœurs de Tibériade. Dans son homélie, frère Marc a parcouru les textes du jour. Il a notamment rappelé aux jeunes que le Royaume de Dieu a commencé comme une petite graine. Jésus a aussi démarré avec quelques disciples et aujourd’hui l’Eglise s’est largement étendue.  A propos des filets jetés à la mer qui évoquent le jugement dernier, il a souligné que nous serons jugés à l’amour que nous avons donné. Il faut dès ici bas s’habituer aux mœurs du Royaume de Dieu qui sont d’aimer. Pour terminer , il lança aux jeunes : « Suivez le Christ, vous avez marché avec Lui cet après-midi…Regardez devant vous. Croyez que vous êtes tous dans la main de Dieu.

On assiste ensuite à la présentation de Faustine, 8 jours, venue en famille. « Comme elle est dans les bras de sa maman, vous êtes dans les bras de Dieu. »

Après le repas pris sur place, les jeunes ont vécu une veillée avec la Fraternité de Tibériade où ils ont eu l’occasion de vivre le sacrement de réconciliation ou de s’adresser à une équipe « Ecoute- prière ».

Veillé de compassion, adoration et guérison

La soirée est placée sous le signe de la miséricorde de Dieu. Nous sommes invités à entrer dans la veillée avec la foi que nous proclamons tous ensemble avec les mots du Credo. Croyons-nous en ces paroles ? Danny-Pierre nous exhorte à la foi en la toute puissance de l’Amour du Seigneur pour nous et nous invite à ouvrir notre cœur à son action. Il est relayé par le frère Gaby Lebeni qui nous rappelle que Jésus dit à chacun de nous «Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et je vous soulagerai ». Avec des paroles très convaincantes, il nous invite à ne pas laisser passer cette occasion. Jésus veut nous toucher et nous montrer combien il nous aime.

L’assemblée accueille le Saint Sacrement. Il est proposé à chacun de demander la prière fraternelle. Dans une atmosphère de recueillement, bien soutenue par le chant de la chorale, la prière s’élève comme l’encens vers le Seigneur…

Le moment est venu d’un dernier passage de Jésus-Eucharistie dans les allées, au cours duquel de nombreuses paroles de connaissance sont données. Il est instamment demandé à ceux qui en ont bénéficié d’en témoigner dans leurs groupes de prière ; une manière de rendre grâces.